AVEC ÉLECTRONIQUE


  • L’île Paradis qu’on ne doit pas dire | création 2018

L’écrivain Henry Bauchau (1913-2012) s’écrit à lui-même et destine à ses lecteurs ses réflexions intimes. À partir de ses lettres et de ses journaux rédigés pendant la gestation et l’écriture du roman L’enfant bleu (Actes Sud, 2004) conçu sur une histoire vraie, ce spectacle explore librement les correspondances entre ce qu’on ne sait pas, vit, rêve ou crée quand le quotidien se déchire. Dans l’écho mystérieux des images et des sons, le jeune psychotique Orion dessine à l’hôpital de jour auprès de son « psychothéraprof » les labyrinthes qui le guideront vers la création.

L’enfant bleu est bien un texte fait pour être lu et peut-être un jour mis en musique.
Henry Bauchau, Passage de la Bonne-Graine, 1999

Merci de m’avoir – nous avoir – fait vivre cet instant unique. Je suis sûr qu’Henry [Bauchau] était avec vous, avec nous, et qu’il aurait assurément beaucoup aimé votre Enfant bleu. […] On ne ressort pas indemne de L’île Paradis qu’on ne doit pas dire. […] À tous, nous étions avec vous, avec l’autre, avec le vivant, avec ce qui en nous, nous dépasse et nous comprend. Nous étions dans « l’hymne corporel », celui qui nous anime et nous porte vers l’espérance. […] Nous étions soulevés. Nous sommes descendus dans l’amour et nous avons éprouvé le plus enseveli « dans l’île et le trésor ». Nous étions face à l’abrupt d’une évidence sans nom.
Régis Lefort, écrivain et poète, spécialiste d’Henry Bauchau, 2018

Le spectacle […] met en forme, au prix d’un travail méticuleux, un labyrinthe de sons et d’images, de couleurs et de mots, de voix et de chant… où chacun peut se perdre au gré de son imaginaire. La musique […] de Pierre-Adrien Charpy développe un monde sonore riche […]. Elle est omniprésente, mais laisse une place nécessaire au discours, au récit en mosaïque des voix parlées et/ou chantées de Raphaële Kennedy et Vincent Bouchot. Leur duo émeut au-delà du propos, par leur présence puissante et complice, amplifiée par la « mise en son » fantasmagorique de l’ingénieux-ingénieur Franck Rossi. Le spectacle d’« art total » vaut aussi par la poésie de la création vidéo d’Isabelle Françaix et ses images mouvantes […].
Zibeline, Jacques Freschel, 2018


  • Ekstasis
    Musique de Kaija Saariaho, Jean-Baptiste Barrière
    Images de Jean-Baptiste Barrière

Aliisa Neige Barrière | violon
Camilla Hoitenga | flûtes
Raphaële Kennedy | voix
Jean-Baptiste Barrière | conception et réalisation
Thomas Goepfer | réalisation informatique musicale
Pierre-Jean Bouyer, François Galard | co-réalisation
Isabelle Barrière | caméras et régie vidéo

Ce concert/spectacle, avec sa dimension visuelle qui s’inscrit étroitement dans la continuité de mon écriture, propose […] un chemin, une traversée de mon œuvre, et témoigne de manière originale de mon parcours musical.
Kaija Saariaho

Avant tout, l’image ne doit pas empêcher d’écouter la musique […]. Elle ne saurait non plus être plaquée sur la musique, ou au contraire illustrative de la musique. Pas plus ne doit-elle procéder du commentaire sur ou autour de la musique. Elle doit donc se réaliser à travers son écriture propre, articulée formellement avec l’écriture musicale, procédant des mêmes idées ou techniques de composition, mais développées dans une autre dimension sensible, sans pléonasme ni antagonisme arbitraires, en interaction dynamique et évolutive. […] Dans ce programme, la musique se déploie dans l’image, l’une devient le prolongement de l’autre.
Jean-Baptiste Barrière


Kaija Saariaho
Lonh (extrait live)

Soprano Raphaële Kennedy gave an outstanding rendition of the vocal element of the piece, which includes much pure singing but also a wealth of extended vocal techniques. Accompanied only by electronics, Kennedy managed to retain her sense of pitch while sailing magnificently through the enormous vocal challenges Lonh presents.
Opera News, Argo McKinnon, 2012

[…] Lonh, a solo soprano work given a virtuosic reading by Raphaële Kennedy […]
The New-York Times, Allan Kozinn, 2012

Raphaële Kennedy was the riveting soloist in the newest work on the program, Ekstasis (2014).
The New-York Times, Zachary Woolfe, 2014


  • À elle-même révélée
    Musique de Pierre-Adrien Charpy, Robert Pascal, Kaija Saariaho

A-t-on seulement idée de combien une chanteuse est seule dans un pareil programme, malgré le plus considérable des orchestres, aux effectifs infinis, aux timbres sans limites? Seule, indiscutablement, mais pas absolument. […] il s’agit surtout de l’unicité relative de la voix passée par « le traitement électronique en temps réel ». L’expression, inélégante, sent encore un peu son geek, mais ne signifie pourtant rien de plus ésotérique qu’une façon nouvelle d’ouvrir et de peupler les espaces musicaux qui se creusent autour de la voix. Voix doublée, redoublée, prise dans l’écho, accompagnée, suivie, anticipée ou rattrapée par ces voix autres qui nous habitent sans qu’on en soit réellement conscient jusqu’à ce qu’un compositeur, justement, les révèle.
Didier Lamare

Pierre-Adrien Charpy
Vivante morte éblouie (extrait coffret 2 CD Sillages)

Robert Pascal
Xi ling (extrait live)

La voix de Raphaële Kennedy relèverait […] du cristal, du translucide, de l’éclat qui surgit sur l’angle du mot. Un cristal où passeraient, insaisissables, des couleurs, comme dans ces vitraux d’aujourd’hui qu’on fond à très vive température; oui, ce serait quelque-chose de cet ordre-là, une voix fusing, virtuose sans esbroufe, un cristal de chair, une transparence incarnée. Parce qu’il ne suffit pas, comme un cristal bat dans les électroniques, de chanter des phonèmes en usant de tous les moyens d’expression qui font sonner la langue […]. Il faut aussi, en même temps et avec la même exigence, en tirer la chair et le sang, la palpitation du sens, nous en donner le goût afin d’en transmettre l’émotion. C’est exactement ce qui se passe des deux côtés du miroir de l’électronique, petit miracle renouvelé à chaque instant par l’entrelacement de la voix fixée et de la voix vivante.
Demi-cadratin.fr, Didier Lamare, mai 2015

Vivante morte éblouie, deux paragraphes de Belle du Seigneur d’Albert Cohen où roule la houle sur les ondes électroniques éclairées de l’écume lumineuse de la voix de Raphaële Kennedy […].
Le blog-note de Benito sur radio dialogue RCF, Benito Pelegrín, 2017


  • Écrire la nuit
    Musique de Kaija Saariaho, Philippe Leroux, Loïse Bulot

Dans ce programme aux textes éclectiques, la voix porte le désir qu’ont les artistes d’écrire la nuit, leur nuit. La musique astrale de Loïse Bulot entraîne dans le rêve. Elle accompagne Emily Dickinson pour qui l’obscurité est toujours nécessaire et libératrice ; elle répond au monde intérieur de Kaija Saariaho et à l’amour éthéré vécu par-delà la distance du troubadour Jaufré Rudel ; elle s’oppose aux gestes sonores dynamiques de Philippe Leroux et à l’expression brûlante des ténèbres et de la lumière d’Edmond Jabès.


EN DUO AVEC YANNICK VARLET | Orgue


  • O beata Virgo
    Musique de Claudio Monteverdi, Alessandro Grandi, Giovanni Felice Sances, Bonifacio Graziani

« Qui est-elle celle qui brille comme l’aurore, lorsqu’elle paraît ?…belle comme la lune, distinguée comme le soleil, elle remplit d’allégresse la terre, les cieux, les mers. »


  • Gott, eile zu mir
    Musique de Heinrich Schütz, Dietrich Buxtehude, Johann-Christoph Bach

Au XVIIème siècle, on disait que l’Italie chantait, que la France dansait et que l’Allemagne priait. La production des compositeurs germaniques de cette époque est marquée par cette profonde piété.


  • Veni in hortum meum
    Musique française du XVIIème siècle

La musique illustrant ce programme s’appuie directement sur le texte universel et tout à fait à part dans la Bible qu’est le Cantique des Cantiques. Attribué au grand roi Salomon, sage entre les sages, ce grand poème d’amour contient la double signification de l’amour humain et de l’amour mystique.


EN DUO AVEC JEAN-LUC HO | Clavecin


  • Visages de femmes dans les songs de Purcell

Toutes les femmes qui habitent la poésie des songs de Henry Purcell sont autant d’images contrastées. On trouve dans les recueils Orpheus Britannicus et Harmonia sacra – dont des extraits font l’objet de ce programme – la bien-aimée absente, dédaigneuse, cruelle, l’amoureuse elle-même transie, la future reine, la Déesse, la Vierge. Purcell leur rend tour à tour hommage avec le génie qu’on lui sait.


  • Sances et Valentini, compositeurs italiens à la cour de Vienne

EN DUO AVEC MARYLISE FLORID | Guitare


  • Soleils
    Textes et Musique de Federico Garcia-Lorca, Manuel De Falla, Enrique Granados, Heitor Villa-Lobos, Andrée Chédid, Pierre-Adrien Charpy

En sublimant le phénomène naturel d’alternance de soleils temporels, cette poésie et cette musique incarnées et contrastées dépeignent deux soleils intérieurs ou émotionnels. Le premier est le symbole du jour, de la vie, de l’action, des sentiments passionnels, extrêmes et exaltés tandis que le deuxième est celui du repos nocturne, de la contemplation, des sentiments nostalgiques et mélancoliques.

Federico Garcia-Lorca
Canciones españolas antiguas (extrait live)

Pierre-Adrien Charpy
Ce corps (extrait coffret 2 CD Sillages)

[…] on entend ici tout du mot dans la voix. Sa mélancolie intérieure et sa lumière, son pouvoir de découper en rougeoyant les cuirasses glacées, mais aussi le souffle qui l’anime, le feutre d’une certaine fragilité : on y entend le corps en tension permanente, chaque mot du poème travaillé par le contre-chant de la guitare.
Didier Lamare, 2017


EN DUO AVEC CAMILLA HOITENGA | Flûtes


  • Aimons!
    Musique de Patrick Burgan, Pierre-Adrien Charpy, William Brooks, Kaija Saariaho

Complicité, énergie, ludisme, poésie, travail sur la texture qu’offrent flûte et voix enlacées sont les atouts que nous développons aussi bien dans le répertoire existant que dans des créations.

Patrick Burgan
Jeux de femmes (extrait live)

Camilla Hoitenga, flûtiste et Raphaële Kennedy, soprano, noires dentelles, satin rose pâle, annonçaient la couleur : ce serait un échange sensuel et vibrant. […] Camilla Hoitenga joue avec brio. […] Raphaële Kennedy, spécialiste de musiques anciennes, maîtrise toutes les difficultés techniques et expressives : aigus planants, pianissimi, sons parlés, étranges et magiques. […] Un vibrant hommage à la musique contemporaine avec le plus ancien des instruments : le souffle!
Zibeline, Yves Bergé, décembre 2009


EN DUO AVEC ANNE ETIENVRE | Piano


  • Alanguies ou fantasques?
    Mélodies françaises et chansons de Claude Debussy, Gabriel Fauré, Francis Poulenc, Vincent Bouchot, Pierre-Adrien Charpy


Pierre-Adrien Charpy
Le coeur du poète (extrait live)


Crédits photos:
L’île Paradis qu’on ne doit pas dire©Isabelle Françaix
Raphaële Kennedy in Ekstasis©Isabelle Barrière
Marylise Florid et Raphaële Kennedy©Isabelle Françaix
Anne Etienvre et Raphaële Kennedy©Isabelle Françaix