Aimons!
Complicité, énergie, ludisme, poésie, travail sur la texture qu’offrent flûte et voix enlacées sont les atouts que nous souhaitons développer aussi bien dans le répertoire existant que dans des créations.
A cette fin, nous passons commande à des compositeurs disponibles de corps et d’esprit pour nous accompagner.
Aimons ! est une légère immersion dans certaines manifestations d’exaltation amoureuse, qu’elle soit humaine ou sublimée.
Quelques poèmes érotiques de Verlaine à la sensualité crue, évoquant des « jeux de femmes » dont la nature n’échapperait à personne, ont inspiré Patrick Burgan.
Ils côtoient des extraits des anonymes et non moins célèbres « Coplas », poèmes de l’amour andalou dont la concision presque brutale génère une émotion toute particulière, auxquels l’écriture de Pierre-Adrien Charpy rend hommage.
William Brooks aime le théâtre, son discours musical impose une connivence sans failles ; c’est ainsi que « Sweet » devient une conversation amoureuse (quelque peu agitée !) prétexte à un jeu de scène qui passe au premier plan.
Enfin, Kaija Saariaho prête sa plume lumineuse à la poésie mystique. Dans « Changing light », l’émerveillement face au mystère et la grandeur de la Création qui élève nos vies sont les signes de l’Amour absolu.
Zibeline, Yves Bergé, décembre 2009
« Au Grim, le souffle roi : voix, flûte.
Camilla Hoitenga, flûtiste et Raphaële Kennedy, soprano, noires dentelles, satin rose pâle, annonçaient la couleur : ce serait un échange sensuel et vibrant. Des œuvres pour flûte et voix de la finlandaise Kaija Saariaho (
Changing light), Patrick Burgan (
Jeux de femmes sur des poèmes érotiques de Verlaine), William Brooks (
Sweet) où la chanteuse-oiseau roucoule sur l’épaule de la flûtiste-arbre, la flûte-branche : beau tableau.
Ohyarai, pour flûte solo de la japonaise Yu Kuwabara : une palette de timbres que Camilla Hoitenga joue avec brio.
Trois créations dont
Matar, no te mataria. sur des poèmes andalous de Pierre-Adrien Charpy. Motifs mélodiques ornés sans clichés, couleurs chatoyantes, modes de mi rappelant les gammes andalouses, legato velouté de la soprano soudainement brisé par la violence du texte (
tu eres mujer, yo soy hombre). On retrouve des accents chers à Falla (
Asturiana), ligne chaloupée, intense : osmose charnelle avec la flûte, l’esprit Cante hondo avec ce Ay ! final en decrescendo, sublime : une très belle réussite!
Raphaële Kennedy, spécialiste de musiques anciennes, maîtrise toutes les difficultés techniques et expressives : aigus planants, pianissimi, sons parlés (
Sappho), étranges et magiques.
Ce soir-là, un vibrant hommage à la musique contemporaine avec le plus ancien des instruments : le souffle! »
Jeux de femmes de P. Burgan
(extrait)
Raphaële Kennedy (soprano), Camilla Hoitenga (flûte)
Concert festival Nuit d'hiver, Grim / Scène musicale de Montévidéo, 16/12/2009
Video : Raphaële Kennedy (soprano), Camille Hoitenga (flûte), live (GRIM, Marseille)